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L’économie collaborative, c’est fini

La sortie en grande pompe du rapport Terrasse signe d’une certaine façon l’entrée de l’économie collaborative sur la scène politique, la vraie. Pourtant, j’avoue avoir de plus en plus de mal à réprimer un sentiment de malaise.

Pour une fois, j’irai droit au but : l’économie collaborative, c’est terminé. C’est comme ça. C’est un peu triste, mais c’est comme ça. Non pas parce que de vilaines plateformes capitalistes seraient parvenues à honteusement exploiter les élans altruistes et désintéressés des citoyens, des  consom’acteurs (Dieu que les néologismes bullshit vieillissent mal !) ou quelque autre niaiserie du même ordre. Non. L’économie collaborative est morte tout simplement parce qu’en tant que concept, elle a perdu toute puissance explicative. Ce n’est pas un drame : les catégories de pensée ne sont pas éternelles. La plupart permettent d’éclairer les phénomènes d’un jour nouveau pendant un temps, mais finissent par occulter la réalité plus qu’elles ne la dévoilent. Une fois ce point de non-retour atteint, une seule solution s’impose : l’euthanasie. Mesdames et messieurs, voici donc l’oraison funèbre de l’économie collaborative.

Elle est morte comme elle a vécu…

J’ai bien connu l’économie collaborative. Je l’ai côtoyée chaque jour pendant trois ans. Avec mes camarades de OuiShare, nous faisons partie de ceux qui ont contribué à forger le concept. Qu’avions-nous en tête à l’époque ? Étions-nous donc jeunes et naïfs ? Sans doute un peu : on n’est pas sérieux quand on a 25 ans. Mais ne vous attendez pas à un mea culpa en bonne et due forme de ma part. Nous avions nos raisons. Déjà, nous n’avions pas envie de parler le langage de l’économie du partage. Au mieux, il nous ennuyait, au pire, il nous semblait puer l’hypocrisie. Non seulement parce que l’idéologie du sharing – cette espèce de collectivisme au rabais et à la cool – servait de cache-sexe un peu grossier aux stratégies d’acquisition client des plateformes californiennes qui entraient alors triomphalement dans Paris, et que merde, on ne nous la fait pas à nous autres, Français à l’esprit cartésien !

Nous n’avions pas envie de parler le langage de l’économie du partage. Au mieux, il nous ennuyait, au pire, il nous semblait puer l’hypocrisie

Mais surtout parce qu’elle trimballait dans son sillage toute une foule de donneurs de leçon un peu louches, qui semblaient attendre quelque grande transformation de l’addition de changements de comportements individuels. La vertu au pouvoir ! Personnellement, ces élucubrations m’ont toujours semblé à peu près aussi stupides que l’idée de moralisation du capitalisme chère au précédent locataire de l’Elysée. La réponse devait au contraire être systémique, et le terme de collaboratif nous semblait moins chargé, plus neutre sur le plan axiologique, pour le dire pompeusement. Avec lui, on ne commençait pas à s’imaginer le Christ partageant le pain et le vin avec ses disciples, et avec un peu de chance, on pouvait même s’extraire des débats stériles sur le marchand et le non-marchand, l’avidité dévorante et le désintéressement pur et éthéré. Pour un temps.  

De biens piètres marchands d’idées

Collaboratif, cela sert à décrire des systèmes qui ne sont fondés ni sur la hiérarchie, ni sur la compétition. Cela nous permettait de mettre le doigt sur une forme de singularité – au sens physique du terme – au sein de l’économie de marché, qui n’est après tout que l’agrégat de structures organisées verticalement entrant en compétition entre elles pour l’accès aux ressources. Cela n’était pas complètement idiot.

Pour faire d’une idée quelque chose de vendable et la monnayer à bon prix, il est obligatoire d’en gommer les aspérités et de l’empêcher à tout prix de continuer à bouger

A notre décharge, ni moi ni mes camarades n’avons jamais fait mystère du côté fourre-tout du concept d’économie collaborative. Il ne s’agissait pas d’un secteur économique défini. Bien sûr, mettre Airbnb, BlaBlaCar, les fablabs et Wikipedia dans le même sac, c’était, comme disent les anglo-saxons, une heroic assumption. Nous avons, me semble-t-il, toujours fait état de nos doutes, et même parfois de nos revirements de pensées. Et franchement, tout le monde n’a pas ce genre de scrupules, par les temps qui courent. Nous aurions fait de bien mauvais consultants, incapables que nous étions de correctement marketer nos pensées. Car pour faire d’une idée quelque chose de vendable et la monnayer à bon prix, il est obligatoire d’en gommer les aspérités et de l’empêcher à tout prix de continuer à bouger. Ce qui nous donne, aujourd’hui, le triomphe éclatant et universel du bullshit (allez, deux échantillons gratuits ici et ici) : des concepts dégradés, foireux, bien emballés dans des présentations Powerpoint moches, ou pire, de jolies Keynote. En un mot : inoffensifs. L’idée castrée de son potentiel de subversion. Mais je m’égare.

De l’art délicat de la prophétie

Pour nous, surtout, parler d’économie collaborative, c’était faire un pari sur l’avenir. Les grosses plateformes étaient certes rares et pas toujours sympas, mais elles devaient former une sorte d’avant-garde : leur succès annonçait une sortie future de la marginalité pour toute une foultitude de sympathiques initiatives souvent un peu barrées. Les hérauts d’un changement de paradigme à portée de main. Les dernières lueurs du capitalisme. Rien que ça.

Et là, nous touchons au coeur du problème : je n’y crois plus. Nous avons vu beaucoup de projets vivoter quelques années, nous avons vu encore plus de startups mourir, et les gros, de leur côté, ont continué à croître (sans doute un peu trop, d’ailleurs, si l’on en croit les craintes liées à l’éclatement imminent d’une bulle). Dans les conférences que je donne, ce sont toujours les mêmes exemples qui reviennent (Wikispeed, Protei, Loconomics, et j’en passe), et franchement, je n’ai rien de nouveau à dire à leur sujet. Et alors, me direz-vous ? Ce genre de transformation prend du temps, non ? Peut-être, mais en tout état de cause, je n’arrive pas à faire comme si Open Desk et Uber avançaient non seulement dans une même direction, mais encore à des rythmes synchrones. Le concept d’économie collaborative était un composite par construction, dès son origine, mais les tensions qui le travaillent ont aujourd’hui atteint un niveau tel qu’il est impossible de le maintenir en vie. Il faut débrancher la prise. Requiescat in pace.

“La vie s’achève, mais le travail jamais” (proverbe arabe)

Que faudra-t-il retenir de toute cette séquence ? Au travers du prisme de feu l’économie collaborative, c’est avant tout un mode d’organisation du travail inédit qui s’est retrouvé exposé au grand jour. En effet, les initiatives qui se sont retrouvées étiquetées « collaboratives » ont un dénominateur commun : elles recourent toutes massivement à du travail non-salarié. Or, le salariat, ou travail subordonné, n’est pas qu’un statut et un cadre juridique : c’est également un mode d’organisation de la production et de ses rapports, en un mot le fondement du contrat social contemporain.

Les formes d’emploi non-salarié ne peuvent dès lors plus être traitées comme quantité négligeable

Alors non, le salariat ne va pas disparaître du jour au lendemain, mais une part substantielle de la valeur économique est déjà largement produite hors de ses cadres. Les formes d’emploi non-salarié ne peuvent dès lors plus être traitées comme quantité négligeable. D’avance, mes excuses aux amateurs d’uberisation et de concepts clé en main et généralisateurs. Pour appréhender ce qui n’est rien de plus qu’une transformation du travail – ce qui est déjà pas mal – amusons-nous à esquisser une grille de lecture sur la tombe de la défunte économie collaborative :

  • Le digital labor. Difficile à traduire en français, je me risquerai à dire : prolétarisation numérique. En gros, tout le travail d’alimentation en données des usines algorithmiques géantes que vous et moi effectuons. Vos recherches sur Google, vos statuts Facebook, vos données de géolocalisation, la fréquence cardiaque enregistrée en continu par votre fitbit, etc. forment la part involontaire du digital labor. Il existe parallèlement un digital labor volontaire, dont l’exemple le plus éclatant est Amazon Mechanical Turk. Yann Moulier-Boutang nous compare à des abeilles dans la grande ruche du numérique mondialisé; cette métaphore est juste, mais en partie seulement, car en l’état actuel de nos rapports avec les grandes plateformes, nous ressemblons davantage à des pucerons colonisés par des fourmis accros au miellat qu’à des pollinisateurs. Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous recommande la lecture de Qu’est-ce que le Digital Labor des excellents Antonio Casilli et Dominique Cardon.
  • Le travail amateur, ou « pair-à-pair », à prendre ici dans un sens très restreint. Il s’agit des échanges de biens et services entre particuliers qui se maintiennent à un niveau infra-professionnel. Mettre une fois de temps en temps son appartement ou sa voiture en location, mais sans rentrer dans une logique d’accumulation du capital et sans qu’une relation de subordination  claire ne s’installe véritablement entre celui qui fournit le service et celui qui le reçoit. Bref, il s’agit de l’économie de la mutualisation, dont il est douteux que le potentiel de croissance soit faramineux, mais dont on ne peut ignorer l’existence.
  • Le travail autonome. Le gros morceau : la freelancisation croissante du marché du travail et l’eclipse relative du travail subordonné. Aux Etats-Unis, les travailleurs indépendants représenteraient d’ores et déjà un tiers de la main d’oeuvre. Les causes du phénomène ? L’automatisation qui touche aujourd’hui les métiers traditionnellement dévolus aux cols blancs et rend par ricochet le travail subordonné inutile, et la baisse continue des coûts de transaction qui fait diminuer le périmètre de l’entreprise comme peau de chagrin. Le développement du travail indépendant constitue le gros du défi à relever pour nos sociétés, aussi bien sur le plan intellectuel – il nous oblige à repenser les formes de l’exploitation – que sur le plan politique (la réinvention de la protection sociale passant au premier plan).

Voilà. La bonne nouvelle, c’est que nous allons pouvoir définitivement arrêter de méditer sur le “périmètre” et les « contours » de l’économie collaborative. Le travail : l’aliénation ou la liberté ? Et tout le reste est littérature.


Image à la une : RIP engraved  on tombstone, Shutterstock



  • Philippe

    Bonjour,

    Je vois où vous voulez en venir mais Je ne suis pas vraiment d’accord avec ce que je viens de lire (sauf s’il s’agit d’un titre volontairement racoleur).
    .
    Je crois qu’il y a une erreur lexicale et une confusion à la base de tout ça: « Uber », « BlablaCar », « Le Ruche qui dit oui » ne sont pas à classer dans l’économie collaborative car ces plates formes n’appartiennent pas majoritairement à l’ensemble des acteurs mais à des investisseurs.

    En revanche c’est un sous produit du capitalisme et bien remodelage du marché du travail annonciateur de précarité à moyen terme.

    D’ailleurs, si le terme « uberisation » à fait son apparition c’est bien qu’il manquait un mot dans nos dictionnaires pour définir ce modèle économique qui consiste à sur-exploiter le statut d’auto-entrepreneur.

    Lorsqu’une société fait appel à une autre société pour assurer une prestation, même une TPE, on parle de sous traitance, pas de collaboration.

    Quand il s’agit d’économie collaborative il vaut mieux évoquer des structures comme les SCOP où c’est un groupe qui assure l’investissement, le fonctionnement et l’usage du service.

    Philippe
    http://www.ushare.fr

    • Les SCOP dont vous parlez, Philippe, appartiennent à l’économie coopérative, qui est pour le coup définie statutairement. Si vous considérez donc qu’une entreprise doit nécessairement être co-détenue par ses usagers pour mériter le qualificatif de « collaborative », autant parler tout de suite de coopérativisme : ce mouvement, pour le coup, est clairement identifié et a une longue histoire derrière lui.

      Pour ma part, si je propose d’abandonner le cadre conceptuel « économie collaborative », c’est justement pour sortir de ces débats d’étiquette – qui sont les bons, qui sont les méchants ? – qui me semblent de plus en plus stériles.

      • Philippe

        Je suis parfaitement d’accord. Le terme collaboratif n’a , a mon avis, pas de sens et est surtout là pour masquer une réalité économique moins reluisante.
        Je pense que c’est tout simplement du marketing

  • danger prudent

    Beaucoup de prise de recul sur cet article. Je partage, le collaboratif
    est une vision optimiste d’une ré-organisation des liens, il ne remet
    pas en question les dynamiques du capitalisme et ce n’est pas
    l’avènement d’un nouveau modèle. Néanmoins, les personnes qui s’y
    rattachent, l’intention et les valeurs qui en font un concept si
    attractif, et les tentatives d’instrumentalisation politique sont le signe d’une recherche de solution. Ca prépare le monde de demain. Le travail n’est pas vain. Quelle justice sociale à l’heure où le marché du travail ne sera que contrats individuels ? Voilà une bonne idée de start-up gouvernementale ! 😉
    P.S. il y a vraiment 0 contenu subversif dans uberisation.org ? Oui c’est de la littérature, mais c’est potentiellement utile pour s’approprier le concept…

    • Je suis d’accord avec vous ! C’est un concept qui a eu son utilité et qui a permis de faire maturer une réflexion importante sur le travail. Mon propos, c’est simplement que je pense qu’il est temps de passer à autre chose.

  • sarbogast

    Mais surtout, que dire de la prochaine vague qui se profile déjà, celle de l’économie 100% décentralisée que vont permettre les multiples applications du blockchain? Encore une vague? La même vague qui se prolonge?

    • Julien

      Si je peux me permettre, la problématique de l’article est plutôt sociale. La blockchain n’est qu’une solution technique. À ce titre elle permet le meilleur comme le pire. Uber peut très bien choisir d’utiliser la blockchain pour des raisons de sécurité par exemple tout en conservant son modèle ultra-cap. Si Bernard Tapie s’auto-proclame empereur sur une blockchain donnée, je ne ferai pas partie de ses sujets. Surfer n’est pas contribuer.

      En revanche, la blockchain permet de mettre en place une gouvernance plus équilibrée et plus en phase avec les objectifs de telle ou telle communauté ou entreprise, c’est-à-dire de gérer avec transparence les contributions ou salaires, de donner la possibilité aux travailleurs de décider des orientations du projet de façon plus formelle, et d’ouvrir facilement le capital à celles et ceux qui le demandent. C’est cette vague-là qui s’est dessinée en 2015.

      Personnellement, je pense que la blockchain est un outil puissant sur laquelle l’économie contributive peut s’appuyer. Toutes sortes d’expérimentations sont en cours et elles méritent d’être encouragées. Et on apprendra de nos erreurs comme on l’a toujours fait. @julienbrg

      • sarbogast

        Oui mais en tant que solution technique elle peut permettre un nouveau modèle social. La plupart de ces plateformes ont permis de passer de plusieurs intermédiaires à un seul, mais ce que promet le blockchain, c’est de supprimer le dernier intermédiaire. S’il n’y a plus besoin de tiers de confiance, que les transactions (et j’emploie le terme au sens le plus large, pas uniquement les transactions financières) peuvent se faire automatiquement et sans supervision par une organisation qui prélèverait sa dime au passage (ou alors une commission bien plus faible), alors on a de fait un nouveau modèle social. Cf. http://cointelegraph.com/news/arcade-city-decentralized-blockchain-based-answer-to-uber

        • Le BlockChain est sur toutes les lèvres en ce moment : sans doute le mot le plus hypé de 2016 ! Personnellement, j’attends quand même de voir quelques réalisations concrètes basées sur cette architecture (à part BitCoin, bien sûr), même si je pense que c’est une technologie qui a du potentiel, en bien comme en mal.

          D’un autre côté, je me méfie du techno-déterminisme : une innovation n’engendre jamais spontanément un nouveau modèle social. Internet, à ses débuts, suscitait le même genre d’attentes messianiques. Force est de constater que le bilan est tout de même un chouïa mitigé.

          • Comme le suggère Paola Tubaro, à l’inverse je ferai un peu de technodéterminisme, et surtout du structuralisme, sur votre constat de amer de l’évolution de l’économie collaborative : Et si le format site web + économie publicitaire en était la principale cause ?

            Le Blockchain est aussi un nouveau élément de l’échiquier. Et on attend effectivement une analyse structurelle de ses effets ou une réalisation puissante.
            De ma perception assez limité du sujet, dans le cadre sites web + publicité qui l’englobe, je vois le blockchain pieds et mains liés. Mais j’espère me tromper.

  • Jean

    Bonjour,

    L’économie collaborative (dans sa philosophie) n’est pas morte. Au contraire, elle est en train de naître.

    Le fonctionnement actuel de notre système est mis à mal, en grande partie, à cause des Intérêts Privés quelque soit leur échelle. Ceux des multinationales tout comme ceux des particuliers. Ces intérêts privés engendrent un système basé sur l’égoïsme, la compétition, la corruption… Beaucoup fonctionnent comme ça parce qu’ils ne connaissent pas autre chose. Ce système, dont nous faisons tous parti est un animal souffrant qui ne demande qu’à respirer. Et c’est ce qui va se passer parce que la solution est là et qu’elle se développe petit à petit. Plus de gens vont vouloir respirer, plus le système tout entier va respirer.

    Dans un monde ou l’intérêt privé et la corruption posent problème, la solution s’appelle l’intérêt public et l’incorruptibilité.

    L’intérêt public incorruptible à été inventé en 1983 par Richard Stallman avec la licence Copyleft. Peut être la plus grande invention du siècle dernier. Beaucoup connaissent ce genre de licence mais ne réalisent pas son importance. C’était mon cas jusqu’à peu. Il s’agit d’un terme de contrat, qui défini que la propriété intellectuelle liée à une création, quelle qu’elle soit, est publique et se doit de le rester au travers de toutes ces modifications et dérivées.

    Bien sur certains intérêts privés cherchent constamment à s’approprier ce qui est lucratif mais dans le cas d’une création sous licence copyleft, ça n’est légalement pas possible. Même avec tout l’argent du monde, comment acheter quelque chose que l’on possède déjà ?

    Grace à cette licence libre et l’arrivée des plateformes de financement participatif, on voit se développer des entreprises (associations) qui font vivre du monde et qui fonctionnent sur un modèles économiques purement collaboratifs. C’est pour l’instant en grande majorité dans le secteur du logiciel (La Blender Foundation est un très bon exemple) mais c’est en train de bourgeonner dans bien d’autres domaines.

    Croyez moi, même si il y a toujours quelqu’un pour essayer de profiter du travail des autres, il y a de plus en plus d’espace et d’opportunités pour ceux qui veulent se détacher de ce fonctionnement et participer à l’intérêt commun.

    Ce que j’ai aussi compris c’est que notre désir égoïste s’arrête la ou commence celui des autres. Notre liberté, la vrai, commence la ou commence celle des autres. Elle est liée à notre harmonie.

    C’est une vrai période de transition entre ces 2 systèmes dans laquelle nous entrons et je suis de plus en plus persuadé qu’elle se fera dans la douceur.

  • Even with Google translate this reads brilliantly Arthur, so the original language must me epic. Thanks for yet another great article.

  • Nicolas

    A quand la licorne coopérative ? Qui serait intéressé par une structure créée pour accélérer cette transition, incubant et accélérant entrepreneurs et entreprises humanistes ? Une maison mère bienveillante, facilitatrice, inspirante, tenu par tous les acteurs de cette dernière.

    • Antoine

      Cela existe déjà et cela s’appelle Bigre! , première mutuelle de travail associé, et rassemble déjà 7000 travailleurs.

      • Nicolas

        C’est encore loin d’être une licorne, ils demandent 50k€ au concours de projet aviva : https://lafabrique-france.aviva.com/voting/projet/vue/1085
        et 3652 votes = ~366 personnes (en 40j), donc bon 7000 travailleurs dans la théorie, mais ça n’a pas l’air bien vaillant…
        Mais dans l’idée oui c’est un beau groupement, à suivre !

  • Cécile

    L’économie collaborative est morte, Vive l’économie collaborative !

  • Bonjour
    Le spectre de l’eclatement de la bulle de l’economie collaborative a été évoqué, et peut-être devrions-nous essayer d’en prévoir les conséquences… Exercice difficile s’il en est, mais il est en revanche aisé de prévoir que cela risque d’avoir un impact très négatif au vu des sommes pharaoniques qui sont levées par ces « pros de l’ubérisation ».
    Autant il est évident que le système participatif / collaboratif ou coopératif n’est pas encore représenté à sa juste valeur dans le monde de l’économie globale, autant les sommes collectées pou leur développement paraissent souvent démesurées… en rapport de la rentabilité potentielle.
    Un peu de vulgarisation et de transparence sur ce point permettrait surement de mieux anticiper le futur. Mais peut-être qu’il ne s’agit que d’un voeu pieu ?

  • Timothée

    À lire (en anglais) et à partager pour aller plus loin et imaginer l’avenir : le tout frais rapport de Trebor Scholz intitulé “Platform Cooperativism: Challenging the Corporate Sharing Economy” http://www.rosalux-nyc.org/wp-content/files_mf/scholz_platformcooperativism21.pdf

  • Paola Tubaro

    Merci Arthur pour cet article très courageux et lucide. Et merci aussi pour ta vision après tout constructive: si les anciens termes du débat ne tiennent plus la route, tu indiques de pistes qui ouvrent des potentialités nouvelles.
    Un point spécifique m’a frappé, la divergence entre les startups vite disparues et les gros acteurs qui ont continué à s’accroître, peut-être même trop. Je vois là un cas très intéressant d’auto-renforcement ou comme les sociologues l’appellent parfois, d’« effet de Saint-Mathieu » (se référant à un passage de l’évangile ou Jésus parle des riches qui deviennent de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres). Cet enrichissement paradoxal des riches aux dépens des pauvres dans l’économie collaborative, à quoi tiendrait-il? Pour ma part, j’ai tendance à croire qu’il ne s’agit pas (que) des personnalités plus ou moins agressives des leaders, mais plutôt d’effets systémiques, sans doute involontaires mais puissants, qu’il serait utile de regarder de plus près… Par exemple, pourrait-il s’agir de défauts de gouvernance et régulation ? des distorsions dans une structure du secteur pas encore mûre ? une incertitude, ou manque de consensus, autour de valeurs partagées ?
    Ce sont là à mon sens des questions qui mériteraient une étude – qui pourrait aussi, en dernière analyse, nourrir la réflexion sur l’avenir selon les lignes que tu proposes, et suggérer des actions à mener.

    • pour aller dans votre sens et vous partager notre perception du problème, dansun article (sur un tout autre sujet au départ), on pointe comme cause systémique le format « site web + backlinks. »
      http://choisir.lmem.net/pourquoi-le-meme-en-mieux-est-une-extension-navigateur-et-non-un-site-web/
      Un peu comme le nez au milieu de la figure…

    • Merci Paola ! Je suis d’accord avec toi : il faut regarder du côté des effets systémiques, d’autant que ces derniers avancent parfois dans des directions contradictoires (tendance à la création de monopoles naturels dans le numérique vs. inégalité des secteurs et activités devant les possibilités de « plateformisation », par exemple). En effet, difficile de croire que le succès éclatant de quelques-uns est sans lien avec les secteurs auxquels ils s’attaquent (taxis, hôtellerie, etc.).

      Par ailleurs, entre les petits et les gros, il peut parfois y avoir cannibalisation, mais j’ai l’impression qu’à l’ombre du concept d’économie collaborative, c’est aussi une sorte de relation de parasitisme mutuel qui s’est installée : le succès des gros donnait par ricochet un air de sérieux aux initiatives de bonnes volontés mais sans réel avenir, quand ces dernières, en contre-partie, faisaient aux géants don d’un peu de vernis social.

  • Voisin Nicolas

    j’avais écrit une bafouille (la tienne est bien meilleure) à ce sujet, vu du côté BtoB, il y a quelque mois. En creux, analyse partagée (avec ou sans amertume ?) https://medium.com/@nicolasvoisin/it-s-all-about-optimization-e138df157d2f#.6l5wh0tw5

  • Salomé Ddn

    Bonjour Arthur,
    Je suis actuellement étudiante en école de communication et parce que je suis particulièrement interressée par l’univers des start up et l’entrepreneuriat j’effectue mon mémoire sur l’économie collaborative.

    Je dois dire que jusqu’ici Ouishare m’a été d’une grande aide. Votre analyse m’a profondément apporté en terme d’expertise et de reflexion stratégique. Cela me permet d’ouvrir de nouvelles pistes et d’entamer la derniere partie de mon projet, pour cela .. Merci.

    Cependant, j’aimerai savoir si vous aviez 20 minutes (et promis je ne vous prendrai pas une minute de plus) afin d’échanger avec vous à ce sujet, autours d’un café, ou simplement pour un entretien téléphonique. Vous avez, je le sais, énormément à m’apporter.

    Voici mon contact : salome.dadoun@yahoo.fr

    Je vous remercie par avance,

    Bonne soirée,