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ShaRevolution : la consommation collaborative, et après ?

La Fing et OuiShare présentent aujourd’hui les conclusions de leur étude indépendante sur la consommation collaborative. Verdict ? Nous en savons aujourd’hui davantage sur le paysage et les motivations des usagers de la consommation collaborative, et nous avons même une petite idée des futurs développements du phénomène.

La consommation collaborative fait aujourd’hui régulièrement les gros titres, et le temps où Airbnb, BlaBlaCar et consorts faisaient figure de marginaux semble bien loin. Mais par delà les slogans archi-connus (« l’usage prime sur la possession ») et parfois un peu faciles, le phénomène fait encore l’objet de trop peu d’études sérieuses. Il charrie pourtant son lot de contradictions et d’ambiguïtés.

Pendant un peu plus d’un an, nous avons donc travaillé main dans la main avec les équipes de la Fing dans le cadre du programme ShaRevolution pour tenter d’identifier les grandes questions soulevées par le développement rapide de la consommation collaborative. En exclusivité, en voici donc les principaux résultats.

Un paysage d’acteurs bigarré

Quelques mots sur le périmètre de l’étude : il est bien question de consommation et seulement de consommation (exit les makers et la finance participative !), et les pratiques passées en revue sont numériques aussi bien que non-numériques. Côté offre, on trouvera principalement des non-professionnels, et les services à la demande (Uber, TaskRabbit, etc.) font partie des secteurs étudiés.

Quatre grandes familles de modèles ont été identifiées au sein de cette cartographie de l’offre de la consommation collaborative :

  • Les systèmes de re-distribution, qui permettent aux particuliers de s’adonner à la revente, au don ou au troc d’objets divers (Le Bon Coin, Etsy).
  • Les systèmes produit-services, qui décrivent toutes les pratiques de location, de prêt et de partage de ressources matérielles entre particuliers (ici, pas de transfert de propriété). On parle également d’économie de la fonctionnalité (Airbnb, Peerby).
  • Les services pair-à-pair (« on-demand services »), qui concernent les services entre particuliers en général, du covoiturage (BlaBlaCar) au jobbing (TaskRabbit) en passant par les cours entre particuliers (LiveMentor).
  • Les systèmes locaux coopératifs, qui comptent sur la mobilisation des communautés locales sans recourir systématiquement à une plateforme en ligne (La Ruche qui dit Oui, La Louve, circuits courts, etc.)

Pour plus de détails, vous pouvez consulter la cartographie ci-dessous :

Le retour des « partageux » ?

L’étude n’aurait pas été complète sans un passage en revue des motivations de différents profils de consommateurs collaboratifs. L’enquête « Je partage ! Et vous ? » nous a permis de recueillir plus de 2 000 témoignages d’usagers réguliers de la consommation collaborative. Quelques chiffres en vrac :

  • Les aficionados du partage évoquent des raisons économiques dans 75 % des cas, ce qui n’est pas exclusif d’une volonté de réenchanter son quotidien, puisque la quête de sens est citée dans 74 % des cas.
  • 62 % affichent une préférence pour les côtés pratiques de la consommation collaborative.
  • 52 % pensent que l’économie collaborative pèsera autant que l’économie traditionnelle dans le futur.

Vous trouverez l’infographie complète ci-dessous :

Au fil des ateliers, cinq grands scénarios prospectifs ont également émergé. Nous vous en reparlons très bientôt : vous avez déjà suffisamment d’informations à digérer pour aujourd’hui. Pour aller plus loin, vous pouvez cependant d’ores et déjà jeter un coup d’œil au programme de la prochaine édition du OuiShare Fest qui se tiendra à Paris entre les 20 et 22 mai prochains.



  • Merci pour ce compte-rendu très complet. C’était très intéressant. j’essayerai de rebondir aux échanges sur mon blog pour prolonger la discussion…

  • Jean-Luc Boulin

    Etude extrêmement intéressante! Je partage

  • Milea

    Très intéressant … Bravo pour ce boulot ! Je partage !

  • Très belle présentation! Je découvre votre site et ne manquerai pas d’y revenir.
    Juste une question. Y a t il une version française prévue de TaskRabbit? Les adaptations frenchy de ce site ne m’ont guère convaincu.

    Christophe