Brève
La dette sera-t-elle le catalyseur de la prochaine grande révolte ?
On 24 October 2013 by Arthur de Grave and Benjamin Tincq

Tout le monde doit payer ses dettes… N’est-ce pas ? Pour David Graeber, anthropologue et figure centrale du mouvement Occupy, il est temps de remettre en question cette proposition morale universellement admise. Dans son dernier livre, Dette : 5 000 ans d’histoire (ed. Les liens qui libèrent), il esquisse une nouvelle histoire de la dette et ressuscite notamment le concept ancien de jubilé.

Anthropologue anarchiste, ainsi qu’il déteste qu’on le décrive, David Graeber fut l’un des tout premiers membres du  mouvement Occupy Wall Street, au sein duquel il initia le projet Strike Debt [Grêve de la Dette], décrit par Shareable comme “le premier plan de sauvetage financier pair-à-pair”. Il enseigne aujourd’hui l’anthropologie à la London School of Economics. Avez-vous entendu parler des “bullshit jobs”, des “jobs à la con” ? En quelques semaines, l’article publié par Graeber sur le sujet a fait le tour du web, jusqu’à être traduit dans plus de 14 langues.

Dans son essai Dette : 5 000 ans d’histoire qui vient d’être publié en français, Graeber s’intéresse aux racines profondes de notre système économique, et éclaire les concepts de dette et de crédit sous un jour nouveau . Comme Charles Eisenstein dans notre précédente interview, David Graeber retrace une nouvelle histoire du capitalisme, de la dette et de la monnaie, avec des pistes pour repartir sur de nouvelles bases.

La théorie économique classique considère que les premiers systèmes d’échange ont été fondés sur le troc. Vous affirmez qu’il n’en est rien et que les choses se sont passé autrement…

Absolument ! Tout le monde connaît cette histoire du troc originel. C’est Adam Smith qui, le premier, a popularisé ce mythe. On ne peut d’ailleurs pas lui en tenir rigueur, car il ne disposait pas à l’époque de données ethnographiques précises sur le fonctionnement des sociétés et de la monnaie. Il a donc posé cette hypothèse du troc et de l’échange direct. Les gens frappaient simplement à la porte de leur voisin en disant : “Je t’offre vingt poules contre cette vache, dix pointes de flèches contre cette charrue, etc.”. Bien sûr, dans une économie de ce genre, on se retrouve très rapidement confronté à problème de taille. Que se passe-t-il lorsque personne n’a besoin de vos poules ? Et c’est ainsi qu’au fil des transactions, la monnaie aurait émergé pour répondre à ce problème de non liquidité.

C’est une très belle histoire, qui cependant a un défaut : elle est complètement fausse ! Elle part du principe que des voisins, au sein d’une petite communauté, vont échanger sur ce que les économistes appellent un marché au comptant, comme s’ils étaient de parfaits inconnus et sans recourir au crédit. Si on y réfléchit bien, c’est absurde. Supposons que votre voisin possède une vache dont vous avez besoin pour un banquet, mais que vous n’ayez rien qui l’intéresse… pour le moment. Vous habitez à quelques huttes l’un de l’autre, tout le monde sait que vous lui devez quelque chose et vous finirez bien par posséder un bien dont il a besoin ! Il se peut qu’il revienne frapper dans un an pour vous demander une vache, ou même, pourquoi pas, vous demander d’accorder la main de votre fille à son fils. Il pourra bien demander n’importe quoi, tant il y a de raisons de se faire le créancier de ses voisins. En réalité, ce que l’on observe au sein des petites communautés primitives, c’est une série de dettes informelles. Des faveurs de types et de niveaux différents. En revanche, on ne trouvera pas d’exacte équivalence mathématique dans les échanges, ce que permet la monnaie.

Le troc est davantage une pratique de populations habituées à l’utilisation de la monnaie et confrontées à sa raréfaction

Il ne s’agit donc pas de comprendre comment la monnaie apparaît à partir du troc, puisque ce dernier a lieu entre des personnes qui ne se reverront jamais et non au sein de la communauté. La vraie question est : comment ces séries de dettes et d’obligations informelles finissent-elles par être rigoureusement quantifiées ? Dans quel contexte les gens vont-ils commencer à faire des calculs afin d’échanger des biens de valeurs strictement équivalentes ? Réponse : dans une situation de violence potentielle. Imaginez par exemple une dispute de bar qui tourne mal et où l’un des clients perd une oreille. Dans les sociétés sans Etat, le code pénal prend souvent la forme d’une liste détaillée de dédommagements pour une blessure reçue au nez, au bras, la jambe, etc. Les paiements servent alors à mettre fin à l’escalade de la violence. C’est précisément dans un tel contexte que les gens vont exiger leur exact dû. Mettons qu’on tue votre frère et que vous ne soyez pas d’humeur à pardonner à son meurtrier : la loi énonce que pour un tel crime, il doit vous céder 25 vaches qu’il ne possède pas en guise de dédommagement. Vous allez alors naturellement chercher un bien de valeur équivalente, et les calculs vont commencer.

Historiquement, il semble que la monnaie est apparue ainsi. Les tout premiers systèmes monétaires complexes dont nous avons trace en Mésopotamie ancienne sont en réalité des systèmes de crédit et pas de troc. Les Sumériens, par exemple, ne fabriquaient pas de balances suffisamment précises pour peser de petites quantités de métal. Personne n’emportait de pièces de monnaie au marché ou à la taverne ! Dans les transactions courantes, le crédit était la règle. Le troc est davantage une pratique de populations habituées à l’utilisation de la monnaie et confrontées à sa raréfaction. On peut par exemple penser au cas de la Russie dans les années 90.

DAVID GRAEBER CC ADAM PEERS

Dans votre ouvrage, vous rappelez que la dette est à l’origine de tous les mouvements sociaux et soulèvements de l’histoire. Pensez-vous que nous sommes dans une situation de ce genre aujourd’hui ?

Oui, je le pense. Selon Moses Finley, la même revendication est au cœur de toutes les révolutions depuis l’Antiquité : annuler les dettes et redistribuer les terres. Une analyse menée sur la page We are the 99% montre que nous y retrouvions constamment ces mêmes demandes. Il n’y est plus question de revendications radicales, telle que l’auto-organisation ou le respect de la dignité au travail. Il s’agit plutôt d’annuler les dettes et de se réapproprier les moyens de subsistance les plus basiques. Comme si la dette constituait le ferment moral de la révolte, un ferment dont les implications sont radicales car il permet de forger des coalitions impossible dans un contexte normal.

D’un côté, l’idéologie de la dette est l’un des outils les plus puissants jamais créés pour justifier des situations d’inégalités imposées par la violence. La dette ne se contente pas de donner une teinte morale à ces inégalités : elle parvient même à faire passer la victime pour le coupable ! Mais d’un autre côté, quand le système finit par imploser, la vague emporte tout sur son passage. Ce phénomène se répète tout au long de l’histoire et c’est d’ailleurs ce qui est remarquable à propos d’ Occupy Wall Street.

L’idéologie de la dette est l’un des outils les plus puissants jamais créés pour justifier des situations d’inégalités imposées par la violence. La dette ne se contente pas de donner une teinte morale à ces inégalités : elle parvient même à faire passer la victime pour le coupable

Debt: The First 5000 Years

Les étudiants sont l’un des groupes les plus représentés au sein du mouvement, et l’on peut résumer leur discours de la façon suivante : “Nous sommes de bons élèves, nous avons travaillé dur pour entrer à l’université, nous avons dû pour cela contracter un emprunt, mais nous avons respecté les règles du jeu. Et voilà où nous en sommes. Mais nous, on ne nous a pas renfloués. En face, ces banquiers qui ont triché, menti et mis l’économie mondiale à genoux ont été sauvés par l’Etat. Maintenant et pour le reste de notre vie, nous allons être traités comme des irresponsables, cantonnés aux marges de l’économie pour la seule raison que nous devons de l’argent à ces gens. C’est absurde !”.

C’est un fait nouveau. Il y a quarante ans, les difficultés d’un étudiant surendetté auraient laissé de marbre un cheminot ou un travailleur du bâtiment. Au contraire, il y a deux ans, les classes populaires ont massivement soutenu Occupy. On ne peut comprendre cela qu’à travers le prisme de la dette, de l’indignation qu’elle est capable de susciter et des alliances entre classes sociales impossibles en temps normal. Après le choc de 2008, la plupart des Américains a tout fait pour solder ses dettes, mais deux catégories de prêts se sont montrées particulièrement résistantes : les emprunts étudiants et les crédits hypothécaires. Les étudiants et les catégories populaires connaissent de fait des situations très similaires, ce qui explique leur alliance dans le mouvement.

Dans l’Antiquité, un débiteur insolvable pouvait être contraint de vendre ses enfants comme esclaves. Faut-il voir les “jobs à la con” comme une variante de ce phénomène ?

Si quelqu’un nous embauchait pour jeter une pierre par dessus un mur, puis aller de l’autre coté pour la jeter de nouveau toute la journée, nous penserions que c’est absurde. Eh bien la plupart de nos métiers ont à peu près autant de sens que cela ! Quand j’ai écrit cet article sur les “jobs à la con”, il s’agissait d’une simple hypothèse : je ne travaille pas dans le secteur privé. Mais les gens que je rencontre qui passent leur vie en entreprise font état d’un mal-être tout particulier. Essayez donc de demander au premier avocat d’affaires venu ce qu’il pense de sa contribution à la société ! Il semble qu’il existe une forme de souffrance morale singulière au fait d’occuper une fonction qu’on sait en son for intérieur inutile. Et cela concerne des millions de personnes. C’est étrange, car cela rappelle les emplois vides de sens et d’utilité économique que l’Union Soviétique produisait continuellement – précisément le genre de problème que le capitalisme est censé éviter !  Des boulots qui n’ont pas besoin d’exister ont été créés en masse et les gens qui les occupent en ont parfaitement conscience.

Votre thèse a été vigoureusement critiquée par l’hedomadaire The Economist. Ces emplois existeraient pour gérer la complexité croissante de l’économie mondialisée. Quelle est votre réponse ?

Ma réponse est assez simple. Il suffit de mentionner le contre-exemple des universités, qui n’arrêtent pas d’empiler de nouvelles strates de fonctions administratives. Les doyens adjoints, conseillers en communication, etc. Il y a quatre fois plus de fonctions administratives dans les universités aujourd’hui qu’il y a quarante ans ! L’enseignement est-il devenu quatre fois plus complexe entre temps ? En elles-mêmes, les chaînes de production n’ont pas gagné en complexité, nous avons simplement multiplié les niveaux de fonction afin d’assurer la division du butin. Ces emplois inutiles sont essentiellement une forme de rente : nous distribuons une petite partie des profits générés par l’extraction financière à une classe de personnes payées pour avoir l’air occupées.

Selon vous, l’une des solutions envisageables est l’organisation d’un “jubilé de la dette”. Comment faire concrètement ? Et comment rebâtir un système sans reproduire les erreurs du passé ?

Lorsque j’ai mentionné la solution d’un jubilé, je le voyais davantage comme un nettoyage conceptuel que comme une solution pratique. Si nous prenons conscience du fait que l’argent n’est pas autre chose qu’une convention sociale, alors rien ne nous empêche de l’abroger, de le recréer, ou bien de construire ce que nous souhaitons. Il est évidemment impossible d’annuler toutes les dettes : certains mécanismes doivent rester en place. Mais je n’ai aucun doute quant à la capacité des économistes de métier à trouver des solutions. Des gens comme Michael Hudson et Steve Keen (voir la video) ont déjà mis sur pieds des modèles pratiques.

Bien sûr, il faudra que nous conservions le système des retraites. L’un des aspects les plus insidieux du néo-libéralisme est qu’il oblige les gens à investir dans le système par le truchement de la privatisation des fonds de pensions. Il faut que nous revenions à un système de retraites public. Mais ce ne sont que des détails techniques qu’il sera possible de régler si les bonnes personnes sont mobilisées. Les problèmes économiques ne sont pas si difficiles à résoudre. Les vrais obstacles sont de nature politique !

Si vous discutez avec des gens honnêtes de la classe dirigeante, vous constaterez qu’elles sont tout à fait conscientes que des annulations de dettes sont inévitables.

Si vous en discutez avec des gens honnêtes de la classe dirigeante, vous constaterez qu’elles sont tout à fait conscientes que des annulations de dettes sont inévitables. La véritable question est : quelle forme prendront ces dernières ? Seront-elles perçues comme un cadeau venu d’en-haut, ou seront-elles suscitées par la pression populaire ? Seront-elles conçues pour préserver ou pour changer le système? Les élites admettront-elles qu’elles sont effectivement en train d’annuler les dettes, ou trouveront-elles un moyen de le faire passer pour autre chose ? L’histoire nous enseigne que l’un comme l’autre sont possibles. En Mésopotamie, les annulations de dettes étaient un moyen d’éviter l’effondrement social et de sauvegarder les structures basiques de l’autorité en place. Mais il faut aussi se remémorer que la démocratie grecque et la république romaine furent les résultats de grèves de la dette. Il est vraiment capital que nous arrêtions de discuter de l’éventualité des annulations de dettes pour commencer à parler sérieusement des modalités de ces dernières.

Personnellement, je pense qu’il est impossible de maintenir le système financier actuel en place sans saper les principes fondamentaux du capitalisme. Mon avis est que le capitalisme a atteint les limites de son potentiel historique. Ce qui m’inquiète, en revanche, c’est que le prochain système pourrait bien être encore pire…

Un système de création monétaire décentralisé pourrait-il constituer un bon point de départ ?

Il y a de plus en plus d’expérimentations de monnaies locales et complémentaires, et je trouve cela très prometteur, même si cela ne peut pas constituer l’unique solution. Au lieu de nous en passer totalement, peut-être pourrions-nous tester de nouvelles formes de monnaie. Jamais nous ne nous débarrasserons totalement de l’argent, mais si la monnaie n’est au fond qu’un coupon de rationnement, le mieux serait sans doute de rationner aussi peu que possible et d’éliminer l’argent de certaines sphères de nos vies.

Mais l’argent est tellement ancré dans nos mœurs…

Les peuples s’essayent généralement à de nouvelles formes de monnaie quand ils n’ont plus le choix : quand le système monétaire existant s’effondre, il faut bien inventer autre chose. Tout est possible dans les périodes de crise économique.

D’ailleurs, que pensez-vous de l’idée d’un revenu de base inconditionnel pour tous ?

L’idée essentielle derrière le revenu de base est la suivante :  puisque nous produisons tous de la valeur en permanence, il est nécessaire de détacher la notion de productivité de celle du lieu de travail. Mettre en place un revenu de base reviendrait à envoyer un message puissant à la société : puisque personne n’a envie de se contenter de s’asseoir dans un coin sans rien faire, nous vous faisons confiance pour vous trouver une activité utile. La moralité du travail est l’un des outils les plus insidieux dans les mains du pouvoir en place. C’est ce qui alimente le phénomène des “boulots à la con”. Vous savez, le capitalisme a perdu la plupart de ses raisons d’être. Ce système est censé améliorer les conditions de vie des plus pauvres, rendant les inégalités qu’il engendre acceptables. Cela ne fonctionne plus. Il est censé favoriser la sécurité et la démocratie. Cela ne fonctionne plus non plus. Les justifications classiques du capitalisme se sont évanouies, et du coup, tout ce qui reste sont les arguments moraux : travailler, c’est bien, chacun doit payer ses dettes – c’est comme ça et pas autrement. Nous avons atteint un point où ces deux arguments conduisent le système à l’auto-destruction. Le bateau sombre sous le poids d’un excès de travail et de dettes.

Vous avez été l’un des membres de la première heure d’Occupy Wall Street. Dans son récent ouvrage Swarmwise, Rick Falkvinge compare le Partie Pirate au mouvement Occupy. L’une des principales différences qu’il souligne est votre absence de leaders de de demandes précises. Une gouvernance totalement décentralisée permet-elle d’atteindre des résultats substantiels ?

Mais Occupy Wall Street ne manque pas de leaders : nous en avons plus de 100 000 ! Plus sérieusement, tout dépend de la stratégie retenue. La nôtre d’inscrit dans le long terme : nous nous efforçons de changer la culture politique. Pour ce faire, il faut créer des institutions, des habitudes et des sensibilités complètement neuves. C’est un objectif très ambitieux en lui-même. Mais cela signifie également que nous ne pouvons pas nous concentrer sur les résultats immédiats (ce qui ne nous empêche pas d’en obtenir en cours de route). Notre stratégie a en réalité toujours été une stratégie de délégitimation.

Je fais souvent l’analogie avec la situation de l’Argentine au début des années 2000. C’est le défaut argentin qui a mis fin au règne du FMI en Amérique Latine. Avant l’arrivée du gouvernement Kirchner, trois gouvernements successifs avaient été renversés par des insurrections populaires. Kirchner lui-même était tout sauf un radical – plutôt un social-démocrate très modéré – mais il a été acculé à cet acte radical : la totalité de la classe politique avait été délégitimée par le mouvement social. Les gens avaient déjà commencé à s’organiser de façon autonome et à bâtir leur propre système économique alternatif. C’est un exemple parfait, qui montre qu’il est tout à fait possible d’atteindre des objectifs politiques sans pourtant rien attendre de la classe politique.

Les politiciens étaient universellement détestés, à tel point qu’ils ne pouvaient même plus aller au restaurant sans se déguiser : tout le monde leur jetait de la nourriture au visage ! A ce stade, la classe politique n’avait plus le choix, elle devait combattre par tous les moyens l’idée de l’inadéquation entre les institutions politiques et les réalités de la vie des citoyens. Ils ont dû faire une chose qu’ils n’auraient jamais faite en temps normal. C’est la stratégie que nous suivons avec Occupy. Plutôt que de présenter des candidats, nous créons notre propre système politique, qui fonctionnerait sans politiciens. Aux politiciens de nous prouver qu’ils ont toujours des raisons d’exister.

Plutôt que de présenter des candidats, nous créons notre propre système politique, qui fonctionnerait sans politiciens. Aux politiciens de nous prouver qu’ils ont toujours des raisons d’exister

Avec Occupy, l’Amérique a en effet atteint un tournant décisif. Il y a une longue histoire de répressions des mouvements sociaux aux États-Unis, mais en règle générale, la violence policière s’exerçait plutôt contre les classes populaires ou les minorités ethniques, et pas contre la classe moyenne blanche… Pas sans provoquer au passage un vaste mouvement d’indignation dans les rangs de la gauche modérée (pensez à l’ère McCarthy ou aux mouvements étudiants des années 60). Bien sûr, Occupy était un mouvement très hétéroclite, mais les représentants de la classe moyenne y étaient particulièrement nombreux. Ils ont eu droit à la matraque comme tout le monde !

Cette fois, personne n’a semblé s’en émouvoir : l’alliance traditionnelle entre les libéraux et les radicaux est bel et bien brisée. D’un autre côté, je considère que nous avons accompli plus en deux ans que bien d’autres mouvements sociaux dans un laps de temps analogue. Les idées de classe sociale et de pouvoir de classe font de nouveau partie du vocabulaire politique – c’est bien ce que veut dire le slogan “we are the 99%” -, et nous avons mis la corruption inhérente au système politique américain sous le feu des projecteurs. Nous sommes en train de transformer la culture politique. Rappelez-vous que quand Mitt Romney préparait sa campagne, son statut d’ancien financier de Wall Street était supposé être une bonne chose… A New York, nous commençons tout  juste à sentir le début du changement. Bill de Blasio, qui fait figure de favori dans la course à la mairie, est un soutien du mouvement Occupy. Finalement, il semble que notre stratégie fonctionne !


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Arthur de Grave OuiShare Connector based in Paris, I am convinced that the collaborative economy is the paradigm shift we were waiting for. I am really enthusiastic about being part of a visionary community like OuiShare. Let's change society, let's change the economy, let's change basically everything ! Profile →
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