windowfarm

Nous avons testé la Windowfarm

Qui a dit qu’il fallait forcément un jardin pour cultiver ? En fait, vous n’avez même pas besoin de terre ! De nombreuses solutions existent et nous allons aujourd’hui nous pencher sur celle développée par une start-up New-Yorkaise : le windowfarming.

Windowfarms a été fondée en 2009 par Britta Riley comme une communauté open-source et un projet artistique notamment inspiré par les écrits de Michael Pollan et Clay Shirky. Le principe : faire pousser n’importe quoi à la maison, rien qu’avec de la lumière solaire. À l’exception des légumes-racines et de plantes céréalières comme le maïs et le blé, qui sont trop grands pour les petits pots, beaucoup de cultures sont possibles.

La solution se présente comme un potager vertical dans lequel chaque pot dispose de sa propre solution nutritive, qui est géré automatiquement par une pompe à air doté d’un minuteur. Les éléments nutritifs descendent de pot en pot, nourrissant chaque plante. Le système permet ainsi d’utiliser moins d’eau que l’arrosage classique.

Les premières versions étaient entièrement construites à partir de matériaux de récupération, les plans étant mis à disposition sur internet. Véritable effet viral,  une communauté virtuelle de plus de 35.000 membres dans le monde entier s’est alors constituée autour de ce projet afin d’échanger entre jardiniers enthousiastes souhaitant améliorer le concept. Mais cette courte vidéo vaut peut être mieux que davantage d’explications :

Une Windowfarm est très simple d’utilisation, mais son ingénierie est plutôt sophistiquée. C’est pourquoi, la start-up propose aujourd’hui des kits pré-préparés : ils ont l’avantage d’être très simple à l’installation mais également plutôt bien soignés côté design. Unique regret, ces kits sont uniquement livrés aux Etats-Unis (mais si vous êtes intéressés pour être livré dans votre pays, faites-le savoir ICI).

MacGyver, quand tu nous tiens

Chez OuiShare, on aime créer à partir de la récup’. On a donc décidé de tester la windowsfarm 2.0. Pourquoi cette version ? Tout simplement car cette dernière peut se poser au sol (pratique lorsqu’on a pas forcément de place pour suspendre le système devant une fenêtre). Je tiens donc à remercier chaleureusement Mutinerie Coworking pour nous avoir permis de réaliser « les travaux » dans leurs merveilleux locaux, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont participé activement à l’expérience, en particulier : Natalie Ortiz à qui on doit l’idée originale, Julie Braka qui m’a accompagné dans ma traversée de Paris à la recherche des matériaux nécessaires, Déborah Abhervé, Maëlle CG, Caroline Delboy, Célya Gruson-Daniel et Guillaume Boulandet pour leurs talents manuels et bien évidemment un grand merci à tous pour votre bonne humeur!

Etape 1: Rassemblement du matériel nécessaire

Nous avons suivi les étapes indiquées dans le mode d’emploi réalisé collaborativement par la communauté à cette adresse.

Pour commencer, nous nous sommes mis à la recherche de :

  • 4 bouteilles en plastiques (une bouteille de 3 voir 5 litres, elle servira de réservoir et 3 bouteilles de 1,5 litres)
  • deux aiguilles à ballons (comptez 2 euros les 3 aiguilles chez votre marchand d’articles de sport)
  • du teflon
  • du scotch ou de la peinture
  • un cutter
  • une paire de ciseaux
  • de la corde
  • une barre solide (ici nous nous somme servi d’un manche à balai)
  • une pompe à air équipée de 2 sorties (comptez 20 euros dans une animalerie ou jardinerie)
  • un minuteur permettant de contrôler la mise en route et l’arrêt de la pompe à air
  • 3 tuyaux (deux d’entre eux se fixeront aux sorties de la pompe à air et sont généralement fournis avec cette dernière, le troisième servira à transporter l’eau du réservoir jusqu’au plan supérieur. Il doit donc être d’un diamètre plus grand)
  • 2 valves anti-retour (fournies en général avec la pompe à air, sinon en animalerie ou jardinerie)
  • des billes d’argile (comptez 3 euros les 5 litres)
  • de la fibre de coco (comptez 2 euros la brique de 11 litres de fibre compressée)
  • 3 pots (ils doivent pouvoir entrer dans les bouteilles, exemple : 7 x 7 x 8 cm)
  • une version papier de la dernière page du mode d’emploi sur laquelle figure un patron
  • des nutriments: afin de ne pas jouer avec des produits « chimiques » nous avons choisis d’utiliser du thé de compost
  • des graines 🙂

A la lecture de cette liste, on peut s’interroger sur la pertinence d’une pompe à air dans la mesure où l’on cherche à transporter de l’eau. Une pompe à eau serait plus indiquée. En effet, il s’avère que les premières versions des Windowfarms fonctionnaient sur un système classique d’hydroponie : une pompe à eau pour… pomper l’eau et une pompe à air pour oxygéner l’eau. Le système que nous avons testé dans cet article utilise uniquement la pompe à air, ce qui a pour avantage de diminuer la consommation d’énergie du système. Bonne nouvelle côté écolo, mais pour ce qui est du côté pratique, vous allez pouvoir le constater, c’est autre chose…

Matériel nécessaire. Crédit photo: Rachel Arnould

Etape 2 : préparation des bouteilles

En utilisant le diamètre du bouchon des bouteilles d’1,5 litres et le cutter, nous nous sommes livrés à une petite session de découpage du fond des bouteilles :

Après découpage. Crédit photo: Julie Braka

On notera le côté parfaitement rond du découpage :). Ce trou permettra ensuite à l’eau de ruisseler de part et d’autre de la bouteille.

A l’aide du patron disponible dans le mode d’emploi, il faut maintenant prévoir l’ouverture qui permettra l’installation des pots à l’intérieur des bouteilles :

Utilisation du patron. Crédit photo: Julie Braka

 

Découpage. Crédit photo: Julie Braka

La bouteille de 3 ou 5 litres n’aura pas tout à fait le même sort: son bouchon sera également utilisé pour perforer une entrée, mais ce sera la seule. Si vous reproduisez cette étape, veillez à bien positionner cette entrée à un endroit qui ne gênera pas la fixation de l’ensemble de la structure :

 Etape 3 : couverture des bouteilles

Les racines ne supportent pas les rayons UV, c’est pourquoi il est important que la partie inférieure des bouteilles soit couverte. Selon vos envies design, vous pouvez vous amuser à peindre vos bouteilles. Afin de réaliser le montage en une après-midi, nous avons choisi la solution de facilité suivante : le bon vieux scotch !

Le scotch: moche mais pratique. Crédit photo: Julie Braka

 Etape 4 : emboitement des bouteilles

On emboite les bouteilles les unes au-dessus des autres et on fixe le tout au manche à balai grâce à la corde et un peu de scotch.

Assemblage. Crédit photo: Julie Braka

Etape 5 : fibre de coco

Préparation de la fibre de coco. A partir de la brique de coco compressée,  nous avons découpé la quantité nécessaire (de quoi remplir les pots) et mélangé la fibre à l’eau afin qu’elle augmente en volume.

Crédit photo: Julie Braka

 

Après avoir ajouté de l’eau. Crédit photo: Julie Braka

Etape 6 : le système d’arrosage

C’est là que les choses ont commencé à se corser… Après avoir fixé les tuyaux de la pompe à air sur cette dernière, nous avons fixé les aiguilles à ballons aux autres extrémités. Les deux aiguilles sont ensuite insérées dans le tuyau le plus large. La photo suivante vous indique ce qu’il faut à tout prix éviter : les aiguilles obstruent totalement le tuyau et l’air ne peut donc pas passer. Il faut donc veiller à trouver un tuyau principal avec un diamètre supérieur.

A ne pas reproduire ! – Crédit photo: Julie Braka

Les extrémités ont ensuite été recouvertes de téflon afin de les imperméabiliser. Les 3 tuyaux ainsi fixés peuvent désormais être introduits dans la bouteille réservoir. Le tuyau le plus large étant alors fixé le long du manche et recourbé à son autre extrémité afin de pénétrer dans la bouteille supérieure. Le manche à balai n’est pas dans le réservoir, mais cela peut être une solution intéressante notamment pour fixer davantage les aiguilles à ballons. Cependant, le système ne tient plus vraiment en équilibre si le manche est à l’intérieur.

Solution 1. Crédit photo: Julie Braka

Les valves anti-retour sont fixées sur les tuyaux reliés à la pompe à air :

Fixation des valves anti-retour. Crédit photo: Julie Braka

La partie « fun » peut alors débuter : on remplit la bouteille réservoir, on allume la pompe à air et on observe. Comme prédit par le mode d’emploi, la première mise en route n’obtient rien de plus que des bulles d’air dans le réservoir. Il faut vérifier la position des aiguilles et répéter l’expérience jusqu’à ce que l’eau soit effectivement transportée par l’air sous forme de petite gouttelettes. Dans notre cas, il a bien fallut une dizaine de tripotages avant d’arriver à faire fonctionner le machinage.

Plusieurs essais sont nécessaires. Crédit photo: Julie Braka

Croyez-moi que l’on était pas peu fiers une fois le résultat escompté enfin obtenu !

Tadaaa! Crédit photo: Julie Braka

Il peut arriver que l’eau soit littéralement « crachée » du tuyau et que cela soit plutôt bruyant, c’est pourquoi un des membres de la communauté a imaginé un « silencieux », mais nous n’avons pas eu l’occasion de le tester ici.

Etape 8 : préparation des pots

Placer les billes d’argile au fond, avec la fibre de coco et sans oublier les graines !

Mise en place des billes d’argiles. Crédit photo: Julie Braka

 

Ajout des graines et de la fibre de coco. Crédit photo: Julie Braka

Pour les nutriments (et oui, sans terre rien ne pousse, il faut des vitamines!), et comme précisé dans la liste de matériel, nous avons privilégié le thé de compost (qu’il faut diluer dans l’eau!). Attention, lorsque l’on plante des graines, le système doit fonctionner une première semaine sans nutriments.

Compost Mutin. Crédit photo: Julie Braka

Et voici le montage final :

Aperçu final. Crédit photo: Julie Braka

Le minuteur doit être réglé pour faire fonctionner le système pendant un quart d’heure toutes les heures.

Feedback

Même avec quelques corrections matérielles (tuyau principal plus large, raccourcissement des tuyaux de sortie d’air, réservoir plus grand…) le système est très fragile car repose sur une immobilité des aiguilles à ballons qui ont tendance à ne pas rester en place lorsque la pompe est en fonctionnement et qu’elles sont plongées dans l’eau.

Au delà de ces problèmes qui pourront être vite surmontés par les plus manuels d’entre nous, je n’ai pas été entièrement convaincue par le dispositif, qui somme toute consomme de l’énergie (peut-être compensé par la réduction de la consommation d’eau, mais très honnêtement je n’ai pas encore poussé très loin les recherches à ce niveau là et ne souhaite pas livrer de conclusions hâtives). Pour mon utilisation personnelle, la Windowfarm s’est révélée non adaptée à mon appartement qui est peu lumineux. Le système classique des pots de terre a donc fait son come back. Mes plantes prendront certes plus de temps à pousser, mais cette solution me semble plus apaisée 🙂

Et vous, avez-vous déjà construit ou utilisé une Windowfarm ? N’hésitez pas à partager votre expérience !


Crédit Photos: Julie Braka

Crédit Mains: Déborah Abhervé, Maëlle CG, Natalie Ortiz, Caroline Delboy, Célya Gruson-Daniel, Guillaume Boulandet, Emilie Jacquemin & Rachel Arnould.



  • yo

    Le site window farm n’est plus en ligne… Difficile d’obtenir les infos ! J’ai résolu le problème des aiguilles et du tripotage via ce système, qui marche parfaitement :

    http://melissawindowfarm.blogspot.fr/2011/03/setting-up-my-second-column-week-3.html

  • yo

    Dommage que le site ne soit plus en ligne, car j’ai quelques améliorations à proposer à la communauté (mourante ?)…

  • yo

    L’engrais utilisé ici est « naturel » mais mauvais pour la coco (google it : question de rétention des ions calcium…). Il vaut mieux utiliser des engrais spéciaux, exemple canna coco a+b. Sinon, les plantes arriveront à une déficience, principalement en calcium. De plus, ici le pH de la solution nutritive n’est pas ajusté. Erreur… La biodisponibilité des nutriments est liée à une plage de pH précise. Il FAUT ajuster le pH aux alentours de 5.8. Exemple : si la solution a un pH de 7, les minéraux sont présent, OK, mais ils ne seront pas absorbables par la plante. (source : cours de physiologie végétale).

  • Lejule

    Dommage que ce soit super moche car c’est ingénieux ! Toutefois gérer ce genre de culture n’est pas si simple que ce que les différents blogs le laissent entendre !